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Inventaire du fonds Yvonne Choquet-Bruhat

Instruments de recherche

Vie et carrière

Yvonne Choquet-Bruhat est une mathématicienne et physicienne spécialisée en relativité générale et cosmologie. Elle naît le 29 décembre 1923 à Lille et décède le 11 février 2025 à Mérignac (Gironde).

En 1946, après des études à l'École normale supérieure de Sèvres, Y. Choquet-Bruhat est classée première à l'agrégation féminine de mathématiques. Elle débute sa carrière scientifique au CNRS avant de soutenir une thèse en relativité générale en 1951.

En 1952, Choquet-Bruhat effectue un séjour d'un an à l'université de Princeton où elle fait notamment la rencontre d'Einstein. Elle est ensuite professeure de mathématiques à l'université de Marseille de 1953 à 1958, maître de conférences à Reims pendant un an, avant d'être nommée à la chaire de mécanique céleste de la Sorbonne en 1959. Après Mai 1968, Choquet-Bruhat rejoint la nouvelle université Paris VI (aujourd'hui, Pierre et Marie Curie). À sa retraite en 1990, elle poursuit en tant que professeure émérite ses recherches en mathématiques et en physique relativiste, notamment à l'Institut des Hautes Études Scientifiques (IHES), et continue d'être invitée par des universités du monde entier.

Sujets de recherches

Dans le cadre théorique de la relativité générale, Choquet-Bruhat a consacré de nombreux travaux aux ondes gravitationnelles, aux fluides et particules relativistes ainsi qu'aux singularités (ou "trous noirs"). Elle a également contribué aux mathématiques appliquées à la physique, en s'intéressant aux équations hyperboliques ou au problème de Cauchy sur les équations aux dérivées partielles. C'est ainsi que, de 1948 à 2006, Choquet-Bruhat publiera plus de deux cent articles dans des revues françaises ou étrangères, seule ou en collaboration avec des scientifiques de tous pays. Par ailleurs, elle rédige ou participe à plusieurs ouvrages destinés aux étudiants ou aux spécialistes.

Une notoriété internationale

En 1954 et 1958 respectivement, Yvonne Choquet-Bruhat reçoit la médaille de bronze du CNRS puis la médaille d'argent. Elle est également récompensée par l'Académie des sciences en 1964 puis 1965. Pour ses travaux en mécanique relativiste, elle se voit d'abord attribuer le prix Henri de Parville. Le Prix des savants français morts pour la France récompense ensuite ses recherches en analyse mathématiques. Le 7 mai 1979, Yvonne Choque-Bruhat devient la première femme élue à l'Académie des sciences. Elle recevra en outre plusieurs fois la Légion d'honneur.

Le fonds d'archives

Les archives privées d'Yvonne Choquet-Bruhat contiennent des cours de mathématiques et de mécanique de niveau licence ou maîtrise, ainsi que des sujets et corrigés de devoirs ou d'examens. On y trouvera a également des brouillons de leçons ou d'exercices destinés à ses étudiants, et quelques documents de travail et manuscrits concernant ses sujets de recherches.

Choquet-Bruhat a également conservé de nombreux tirés-à-part de ses articles ou de ceux d'autres mathématiciens, des exemplaires de ses titres et travaux scientifiques, un fascicule relatif à sa réception sous la Coupole de l'Institut de France après son élection à l'Académie des sciences, et quelques lettres et cartes échangées avec ses collègues ou amis.

Le fonds d'archives d'Yvonne Choquet Bruhat intéressera les spécialistes de relativité générale et de mathématiques appliquées à la physique, ainsi que les historiennes et historiens des sciences se consacrant à ces domaines. Il pourra également être utile à l'histoire de l'enseignement universitaire des mathématiques et de la mécanique au 20e siècle.